Les anciennes forges
Les Forges au XVIIIᵉ et XIXᵉ siècle
"Une fournaise rougeoyante illuminait les nuages, un martèlement sourd ébranlait les murs et une odeur persistante de charbon pénétrait toutes les demeures. Pendant plus de deux siècles, de 1670 à 1874, la vallée de l’Indre, entre Châteauroux et Ardentes, a vécu au rythme de la Forge Haute, de la Forge Basse et de la Forge de l’Isle."
(Jacques Tournaire, Les forges de Clavières)
Les forges ont été créées en 1670 par la volonté des Princes de Condé. Pendant plus d’un siècle, elles formèrent l’un des plus grands complexes sidérurgiques de France, produisant un fer renommé, essentiellement destiné à la Marine. Grâce à la réserve de bois de la forêt domaniale de Châteauroux, au minerai de fer du sol berrichon et à l’eau de la rivière Indre, les forges ont créé jusqu’à 700 emplois au plus fort de leur activité, faisant d’Ardentes une véritable ville industrielle avant que l’économie locale ne s’oriente progressivement vers le bois.
"Les forgerons, peu nombreux, vivaient en communauté dans les forges. Les habitants de Saint-Martin et de Saint-Vincent d’Ardentes, ainsi que ceux de Lourouer (Le Poinçonnet) et de Clavières, se consacraient aux travaux en amont ou en aval de la production du fer. Ils étaient voituriers, muletiers ou charbonniers et habitaient des écarts connus sous les noms de loges de Dressais ou de la Cueille."
(Jacques Tournaire, Les forges de Clavières)
Le nom de ces lieux-dits, situés en lisière de la forêt de Châteauroux et encore utilisés aujourd’hui, provient des « loges », huttes de planches et de terre servant d’habitations aux ouvriers.
Le minerai provenait de Diors et Sainte-Fauste, tandis que le charbon de bois était produit dans les charbonnières des forêts de Châteauroux et de Bommiers, réservées à l’usage des forges.
Après avoir contribué au développement de la population ardentaise pendant plus de deux siècles, les forges de Clavières fermèrent en 1874, remplacées par la production de charbon de bois.
Aujourd’hui, il reste peu de vestiges des bâtiments autrefois en activité. À la Forge Basse, la retenue d’eau de Clavières conserve encore ses « pelles », immortalisées par des peintres. La Forge Haute a conservé son ancienne boulangerie, dont le four restauré est parfois utilisé lors de festivités, ainsi que les vestiges des logements des ouvriers et des murs de pierre construits pour canaliser la rivière et produire de l’énergie hydraulique.
Quelques aquarelles et croquis réalisés plus tard par Andhré Stanislas Albert Peyrot des Gâchons témoignent également de l’influence de cette activité sur le paysage ardentais.

